" Échanger et écrire

autour d'une pratique artistique "

n°2 : "Quand écriture et arts graphiques  s'entremêlent"

Ci-dessous , l'invitation et le compte-rendu de l'événement.

Et dès que possible, quelques images des oeuvres étudiées...

Rencontre Peinture écriture le 23 janvier 2020

Échanger et écrire autour d’une pratique

 

Didier a toujours préféré s'exprimer par l'écriture et le dessin plutôt que de parler. Sa passion première est l'écriture mais il aime entremêler textes et dessins.

Présentation de ses œuvres : il crée des tableaux ou des dessins après avoir lu ou écrit un texte de son invention ou d’un texte existant.

 

Dessin d’un violoniste qui joue au parc de Plaisir et muni d’une casquette et puis l’aquarelle une fois écrite, il a ajouté le texte du Dormeur du val de Rimbaud.

 

Puis un tableau sur Ma France de Jean Ferrat, avec la peinture à gauche et le texte de la chanson à droite, l’aquarelle était un homme levant les bras et les mains encadrant le visage comme pour déclamer.

On demande si la graphie est manuelle ou à la machine. Didier trouve plus beau la machine mais les spectatrices lui disent que l’écriture peut être plus impliquée et puis l’écriture épouse les contours du pied du personnage, de sorte que cela semble inclure le texte dans le dessin comme dans une fusion.

 

Les participantes trouvent que l’écriture de Didier est changeante avec le temps.

 

Autre aquarelle avec un visage en encre violette : Gaia

Là l’écriture est de même couleur que le tableau lui-même. Le texte est séparé mais parce que le papier a craqué.

 

Il aime aussi trouver des supports sans qu'il y ait de lien entre le texte et le dessin. (ex : clochard bord de seine)

Après, il y a des pages d’un vieux livre sur lesquels le dessin est fait. « Une ténébreuse affaire » sur lequel est dessiné un visage avec un bonnet. Je trouve les livres un peu partout. Je trouve des formats portraits mais pas format paysage, c’est plus rare. Quand il a envie de dessiner, il cherche le support, sans qu'il y ait de lien entre texte et dessin. C’est une carte postale d’une vietnamienne.

Autre photo de 1950 avec l’appel de l’abbé Pierre et photo de clochards sur le bord de la Seine.

C’est plus difficile de dessiner sur une page écrite que sur une page blanche dit Didier.

 

Le papier est ancien, il est donc de couleur crème et cela est plus en accord avec le personnage que si c’était un texte sur un fond blanc

Je trouve un calendrier de 1925 à Chaville, et c’est le hasard de la trouvaille qui me motive pour faire un tableau

Osmose avec des choses du monde

Parfois on a une image qui nous touche et on a envie de faire mais cela ne passe pas.

Cela peut ressembler à un style bande dessinée

 

Et puis une nouvelle a été écrite et puis illustrée par 4 dessins qui venaient au fur et à mesure. La graphie est imprimée sur feuille et imite l’écriture manuscrite. La petite fille qui a volé les yeux de l’homme.

 

Son travail le conduit parfois à stopper l'écriture en cours pour passer au dessin, puis à reprendre la suite du texte.

 

Et puis une tête d’homme avec un texte écrit juste dessous. C’est le chapeau qui est l’instigateur du voyage, l'illustration du prologue d'une de ses nouvelles. Jenny Azzaro propose que son groupe d'écriture imagine une suite à ce prologue, une occasion pour Didier de revisiter son dessin.

 

Une participante : on parle d’illustration pour les arts plastiques et de description pour les arts littéraires

 

Martine Tayeb

Présentation d’un cahier édité dans la collection des Ateliers de la ville de Paris (Maquette de la collection créée par Mathieu Bonardet)

Exemple d’un cahier où les mots s’imbriquent avec les images.

 

Il s’agit de l’édition d’un des récits écrits par ma mère, Odette Tayeb. L’histoire se passe sous Pétain, dans un lycée de jeunes filles qu’on prépare à la visite du ministre des sports. Le jour J, tout se présente pour le mieux, les élèves ont une tenue impeccable, maîtrisent parfaitement l’enchaînement de gymnastique, la journée est radieuse… jusqu’au moment où un énorme orage éclate sur le chemin du stade. C’est un désastre total, tout le monde est trempé, les chaussures englouties dans la boue, le tissu bleu marine des shorts fournis par le lycée déteint. Cette micro-catastrophe est comme une métaphore du désastre du régime de Vichy.

 

Le bleu est l’un des fils conducteur utilisé : collecte et notation de « bleus » dans la littérature, parmi les peintures (Kandinsky, Geneviève Asse, Georgia O’Keeffe, Picasso etc.), musique (Keren Ann...).

Griffonnages, dessins et collages bleus.

Autre fil conducteur, la photo de ma mère enfant, dont la silhouette revient de façon récurrente dans les dessins.

 

Pour contourner la typographie requise par la ligne graphique, les textes ont été tapés sur une antique machine mécanique, sur carbone bleu.

 

Je n’ai pas cherché à illustrer littéralement le texte, ni choisi d’insérer les visuels au fil des pages. Le texte a été placé au centre, entouré de dessins inspirés par le récit.

La série de dessins sont réalisés sur une photo prise de l'intérieur d’une voiture dont on devine parfois le tableau de bord, le rétroviseur, et des éléments de la route dehors. La silhouette de la photo d'Odette enfant apparaît plusieurs fois.

 

Commentaire :

C’est la mère et la fille qui font deux choses ensemble.

La distance puis le rapprochement qui se fait entre la mère et les enfants

Ce sont les peintures qui entourent les textes de la mère comme une mère embrasse sa fille

 

 

Huguette : nous présente plusieurs carnet s:

Sur le premier, elle part de photos couleur de détails d'arbres qu'elle a remarqués en forêt, et redessine sur une impression en noir et blanc des mêmes photos et retravaille pour en faire ressortir les visages qu'elle avait perçus. Huguette dessine des yeux, des bouches et des visages. Pas un n’est pareil, ils sont tous différents. Là sur des photos d’arbres, on crée des visages qui semblent comme nos ancêtres et nous regardent.

Leur nombre révèle de très nombreux "génies" des arbres, et produit une très forte impression.

 

Proposition est faite de transmettre les images des photos de troncs d’arbres sur Clé usb à des personnes pour qu’elles écrivent un texte dessus, plusieurs personnes pour que chacune puisse choisir son arbre.

 

 

Huguette achète aussi des livres anciens sans choisir les textes. Ces supports sont matière à créativité, par des collages intégrés sur les textes ou illustrations. C'est à chaque fois une nouvelle mise en scène, un nouvel univers qui apparaît. Sur un livre de photos d’œuvres de Goya, il faut passer le doigt pour savoir que c’est une découpage qui s’ajoute aux reproductions des gravures de Goya.

 

Il y a aussi des œuvres de petits carnets, fait à partir de morceaux de peinture découpée en petits morceaux et retravaillés par des adjonctions de peintures et de couleurs.

 

 

Jenny, animatrice d’atelier d’écriture qui se déroule tous les quinze jours : je donne un thème pour l’année. Cette année, c’est "la maison dans tous ses états".

On part de son état d’esprit, on choisit une image de maison en fonction de cet état d'esprit, puis on met de coté cet état d’esprit personnel, et on repart de la photo de la maison avec comme guide quatre propositions : « faire avec » « faire sans » « faire ailleurs »


Martine a écrit quatre chapitres sur ce sujet. Elle a été inspirée par une photo de maison japonaise. Elle a dû trouver une logique dans l’histoire « la maison des abîmes » axée sur la violence humaine contrastant avec la beauté du lieu.

 

 

Voici un extrait de son texte :

 

 

« Je fus aussi captivée par la sérénité et la beauté qui se dégageaient de la maison construite de plain pied en bois avec un toit à quatre pans. Devant, une terrasse d'un même matériau était ornée de bonsaïs de toutes tailles. C'était à la fois insolite de découvrir ce type d'architecture dans un cadre méditerranéen mais tout à fait cohérent avec Lui, propriétaire du lieu.

 

De multiples tatamis disposés au sol nous invitaient à entrer après s'être déchaussés. On pénétrait alors dans un autre monde. Une ambiance douce, feutrée où les voix ne sont que murmures, où les bruits quotidiens ne sont que bruissements, glissements provoqués par la manipulation des cloisons de papier servant à délimiter les pièces. Le tout était agencé autour d'un patio intérieur épuré, composé d'un jardin sec, rempli de sable. Une harmonie toute en finesse semblait interagir entre l'intérieur et l'extérieur.

 

Lui. Je l'avais rencontré lors d'une exposition de peinture à Toulouse. Il m'avait été présenté par une amie. Son visage lisse et plein, son sourire énigmatique, ses petits yeux bridés, sa démarche élégante, m'avaient séduite. Nous nous revîmes rapidement et nous entamèrent une liaison malgré la différence d'âge. Il avait vingt ans de plus que moi.

….

Et puis un jour, un grand voile se déchira entre nous. Je vins le rejoindre par surprise dans notre pied à terre. Un taxi me déposa à l'entrée du chemin. C'était la fin de journée, presque le soleil couchant. Je parcourus le reste à pied, légère et joyeuse à l'idée de le retrouver et de passer une délicieuse soirée ensemble. Je fus étonnée de découvrir plusieurs voitures stationnées sur le parking, lui habituellement si solitaire. J'avançais prudemment, retenant mon souffle. J'entendis des bruits étouffés. Derrière le rideau de bambous, j'aperçus des corps nus, entremêlés sur la terrasse. Lui était là, caressé par des jeunes filles manifestement impubères.

 

Une chape de plomb se referma à tout jamais sur ce lieu. ...»

 

On pourrait mêler cette histoire écrite par Martine avec des dessins qu'elle avait fait auparavant au fusain à propos de couples et qui s'appuyaient sur l’opposition du noir et du blanc.

 

 

Cristina :

Travail en cours à partir d’une petite branche de trente centimètres et au bout il y a quelques fils cassés qui pendent de la branche et puis j’essaie d’écrire le mieux possible avec un instrument qui ne s'y prête pas du tout : je trempe le rameau dans l’encre et j’essaie d’écrire des bouts de poèmes écrits par des amis

C’est de l’encre au milieu d’une grande page blanche.

Parfois on lit les mots et parfois on ne lit pas : j’aurais peut-être pu prendre les textes qui m’ont inspirée pour vous les lire, mais c‘est peut-être pas important.

 

Après, je fais des petits livres en associant les poèmes (un bout de texte écrit à l’encre) à des images colorées à l’encre, aux crayons couleurs, ou à des formes de personnages qui sont collés sur la page.

C’est très difficile de bien écrire avec ce bout d’arbre.

 

Séance de modèle vivant en atelier sur des feuilles plus grandes pliées en un carnet : avec des formes du modèle dessinées avec de l’encre à la main gauche (je suis droitière) et sa chevelure faite de petits morceaux de papier journal déchiré, avec présence du texte ou des images du journal. Contrainte : temps de pose court. Pas de tri.

L'Art en Partage, association loi 1901. 

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